Les Fauves en Cage

LES CIRQUES ITINERANTS EN FRANCE

Il y a de quoi être catastrophé par l’état de certains cirques itinérants détenant des animaux domestiques ou sauvages. On peut constater qu’il est quasiment impossible d’obtenir des inspections de leurs structures qui relèvent de la Direction des Services Vétérinaires (DSV)et de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage, (ONCFS) de chaque département. Les cirques dépendent du ministère de l’agriculture.  

Bien que les circassiens s'installent le plus souvent sans l'autorisation des maires sur les communes, le temps de mettre une procédure d'expulsion en place, ils sont déjà loin.

En ce qui concerne l'itinéraire parcouru par les circassiens de semaine en semaine, il n'existe aucun organisme chargé du contrôle de leurs déplacements. Par conséquent, il est impossible de faire un suivi des dossiers en cours. Il suffit que le cirque quitte le département pour qu’il soit tranquille.

Les cirques itinérants échappent ainsi à tout contrôle, ce qui entraîne des dérives alarmantes. En plus des conditions de détention des animaux et du manque de soins dont ils devraient bénéficier, on est en droit de s’interroger sur le nombre d’animaux sauvages naissants dans leurs camions cages et qui ne sont pas déclarés. En effet, aucune mesure de stérilisation des grands fauves en particulier n’est prévue. C’est même formellement interdit.

En cas de constat ou de suspicion de maltraitance, la procédure consiste à signaler à la DSV du département sur lequel se trouve le cirque les animaux concernés. Or, il faut plus de dix jours entre le moment du signalement par courrier et l’ouverture d’un dossier pour permettre à leurs services de planifier une inspection.

"Lorsque le contrôle est réalisable" par la D.S.V., il porte sur :

  • Les certificats de vaccination antirabique pour les espèces concernées,
  • Les conditions de détention et l'état d'entretien des animaux.
  • Le registre des effectifs sur lequel est consignée la provenance des animaux, leur identification, les dates de naissances, leur destination etc...
  • Le livre de soins vétérinaire sur lequel toutes les interventions vétérinaires sont relevées.*

L'ONCFS qui intervient lorsque qu’il y a des animaux sauvages, est en charge de vérifier le certificat de capacité, l’autorisation d’ouverture et l'effectif des animaux détenus. Le plus souvent, les circassiens ont largement dépassé les quotas autorisés au moment de leur demande.

Lors d’un contrôle récent, un cirque avait obtenu l’autorisation de détenir deux fauves de nombreuses années auparavant. Or, il détenait neuf félins dont deux lionnes pleines. Seulement deux de leurs animaux présentaient un numéro et deux d’entre eux étaient gravement blessés. En principe, les animaux détenus doivent faire partie du spectacle, condition pour justifier de leur détention.

En supposant que des infractions aient été constatées, les chefs d’établissements n'honorent pas les P.V. qui leurs sont dressés.

D'autre part, il est pratiquement impossible pour une association de protection animale de retirer un animal même en grande détresse, les structures d'accueil spécifiques étant inexistantes. Où mettre un lion, une girafe un hippopotame ou un éléphant ? Les retraits d’animaux sont donc fictifs et ils restent entre les mains de leurs geôliers. La seule solution dramatique étant l'euthanasie pure et simple des animaux. Personne ne veut en prendre la responsabilité !

Les cirques itinérants ayant une activité principalement saisonnière, où sont détenus leurs animaux "hors saison" ?

De même que l’on est en droit de se demander ce que deviennent les animaux devant partir à la retraite.

Les rumeurs laissent entendre que le "tir en boite" qui se pratique en Afrique du Sud ou aux Etats-Unis, se fait aussi bien « chez nous ». Tout se vend, ce qui fait le bonheur de certains chasseurs désireux de se « faire » un trophée de lion moyennant finance et en toute illégalité.

D’autre part, l’excédent de fauves pourrait également être expédié vers les pays de l’Est pour alimenter ce gere de chasse payante et lucrative.

Le plus grave c'est qu'il n’existe aucun recensement des animaux de cirque issus de la faune sauvage et s’étant reproduits en captivité ces 20 dernières années du fait du manque de contrôles et de l'impossibilité de suivre l’itinéraire des cirques.

En faisant une estimation sur une cinquantaine de lionnes ou de tigresses, sachant qu'elles peuvent mettre au monde de 2 à 4 petits par portée, en un an, elles ont la possibilité de donner le jour à 300 tigrons ou lionceaux.

On estime à 200, le nombre de cirques itinérants en France. Certains cirques ont des ménageries pouvant détenir aisément une dizaine de fauves et beaucoup plus pour les Cirques "implantés" comme Bouglione. (Pinder en a près de 40 à lui seul. Tigres, Tigres de Sibérie, lions, et... ) Trimbalés sur les routes de France et de Navarre.

Pour beaucoup, comment financent-ils le nourrissage de leurs animaux sachant qu'un lion adulte mange en moyenne 5 KG de viande de bœuf crue par jour ?

* Concernant les soins vétérinaires qui devraient être apportés aux animaux, il est impossible pour un petit cirque itinérant de faire appel à un vétérinaire en cas de nécessité. S’agissant souvent d’animaux sauvages exotiques, il faut savoir qu’ils ne se traitent pas comme des animaux domestiques. Il n’y a que quelques spécialistes des fauves, des primates ou des pachydermes en France et ils sont hors de prix du fait de leur spécialisation. Les quelques vétérinaires en activité travaillent pour des parcs zoologiques et ne sont pas ambulants.
Conclusion, ces animaux sont condamnés à souffrir sans soins, ou à mourir dans les pires conditions.

Il faut savoir qu’il n’est pas interdit de tirer un lion au fusil en France quand bien même il serait captif. Ce qui l’est, c’est de ne pas le déclarer à l’ONCFS ou à la préfecture.

Si vous êtes témoins de conditions de détention ou de mauvais traitement dans un cirque, la procédure est la même que pour celle d’un animal domestique.

  • Prendre si possible des photos ou vidéos,
  • Porter plainte à la gendarmerie du lieu des faits,
  • Pour bien faire : alerter une association de protection animale,
  • Prévenir la DSV du département, (si faune sauvage l’ONCFS),
  • Prévenir le maire de la situation, il devrait en toute logique effectuer le contrôle de la conformité des papiers du cirque  à savoir : la déclaration d’ouverture en préfecture, les certificats de capacité pour les animaux selon les espèces, la vérification du nombre d’animaux détenus. Il est également responsable de tout accident pouvant survenir lors d’une représentation.

Le problème des cirques est ardu. Il concerne les animaux bien entendu mais les familles entières qui vivent de cette activité. En faisant preuve « d’un certain laxisme », les autorités ne règlent pas le problème de ces clans solidaires prêts à affronter toute autorité voulant « mettre le nez dans leurs affaires ». Le dialogue est ouvert. Il faudra tôt ou tard prendre ce problème à bras le corps en tenant compte des besoins de chacun.

 

 
Copyright © Paroles d'Animal - Juin 2006